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Mesmin Watat-Djanga, architecte, au travail sur les plans d'un projet
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Ma vision de l'architecture

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Pour moi, l'architecture ne consiste pas seulement à construire des bâtiments. Elle consiste avant tout à créer des lieux de vie qui réconcilient l'être humain avec la nature et son écosystème. Je crois qu'un bâtiment doit être vivant, respirer avec son environnement et offrir à ceux qui l'occupent un sentiment de bien-être, de sérénité et d'appartenance.

C'est cette conviction que j'ai eu la chance de mettre à l'épreuve sur plusieurs concours d'architecture remportés ces dernières années le siège de l'OHADA à Yaoundé, celui de la Sodecoton à Garoua, et celui de l'ASAC à Douala. Trois projets différents, trois programmes différents, mais une même exigence de fond.

Mesmin Watat-Djanga, architecte, au travail sur les plans d'un projet

Le bureau, un lieu où l’on se sent chez soi

Aujourd'hui, nous passons une grande partie de notre vie dans des espaces construits, en particulier sur nos lieux de travail. C'est pourquoi je pense que les bureaux ne devraient pas être de simples espaces de production, mais des lieux où chacun se sent chez soi. L'architecture doit favoriser le confort, la créativité, les échanges et l'équilibre entre le travail et la vie.

C'est très exactement ce que nous avons cherché avec le siège de l'ASAC à Douala : un immeuble de bureaux qui ne se contente pas de loger des postes de travail, mais qui offre à ceux qui y passent leurs journées un cadre où l'on respire.

Siège de l’ASAC, Douala — projet lauréat d’un concours d’architecture, Cabinet CAIU

La nature au cœur du projet

Cette vision passe par la création d'espaces largement ouverts sur l'extérieur, où la lumière naturelle, l'air, la végétation et les jardins suspendus occupent une place centrale. La nature ne doit pas être un simple élément décoratif ; elle doit faire partie intégrante de l'expérience quotidienne. Chaque personne devrait pouvoir ressentir cette proximité avec le vivant, même au cœur d'une ville.

Au siège de l'OHADA à Yaoundé, cela prend la forme d'un atrium planté, ouvert sur la lumière, où l'on peut croiser un collègue entre deux réunions sans jamais quitter le végétal des yeux.

Siège de l'OHADA, Yaoundé — atrium intérieur planté

Construire avec son territoire

Je défends également une architecture profondément ancrée dans son territoire. Chaque région possède ses propres ressources, ses matériaux, son climat et son savoir-faire. Au lieu d'importer systématiquement des matériaux venus d'ailleurs, je souhaite privilégier ceux qui sont disponibles localement. Construire avec les matériaux du territoire, c'est réduire l'impact environnemental, valoriser les artisans locaux, préserver les traditions et créer des bâtiments qui s'intègrent naturellement à leur environnement.

C'est le principe qui guide Ecoranch, un projet privé que nous menons en zone de forêt équatoriale, dans le Sud du Cameroun : toitures de chaume, bois local, claustras en brique montés à la main, une architecture qui ne cherche pas à dominer la forêt, mais à s'y fondre.

Ecoranch3, projet privé en forêt équatoriale, Sud-Cameroun — vue aérienne
Ecoranch3 — intérieur, claustras en brique et toiture de chaume

Une architecture responsable

L'architecture de demain doit aussi être responsable. Elle doit respecter les cycles de la nature grâce à la récupération des eaux de pluie, à une ventilation naturelle, à l'utilisation des énergies renouvelables et à une conception qui limite la consommation de ressources. Chaque projet doit contribuer à protéger l'écosystème plutôt qu'à le dégrader.

Une architecture humaine, durable et sensible

« Une architecture qui ne sépare plus l'homme de la nature, mais qui les rassemble. »

Mesmin Watat-Djanga, architecte, fondateur du Cabinet CAIU

Ma vision est celle d'une architecture humaine, durable et sensible. Une architecture qui ne sépare plus l'homme de la nature, mais qui les rassemble. Une architecture qui transforme les maisons, les bureaux et les espaces publics en lieux où l'on vit mieux, où l'on travaille mieux et où l'on retrouve chaque jour le lien essentiel qui nous unit à notre environnement.

Je rêve de participer à la création de ce nouveau modèle d'architecture : une architecture qui respecte la Terre, valorise les cultures locales et place le bien-être humain au cœur de chaque projet.

Siège de l'OHADA, Yaoundé — vue extérieure, drapeaux des États membres
Cérémonie de pose de la première pierre du siège de l'OHADA à Yaoundé, août 2019
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Réflexion sur l'état actuel de l'architecture au Cameroun et en Afrique, Regard de l'architecte Mesmin Watat-Djanga et d'autres figures du continent.